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Histoire

A l'occasion de son centenaire, l'Institut d'Optique et ses partenaires se sont mobilisés pour éditer et publier un livre retraçant sa trajectoire, exemple remarquable de la dynamique entre recherche fondamentale, enseignement et  innovations industrielles.

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L'Institut d'Optique boulevard Pasteur

En août 1926, l'Institut d'Optique s'installe dans les locaux plus vastes et mieux adaptés du boulevard Pasteur à Paris, inaugurés le 18 mars 1927 par Édouard Herriot, ministre de l'Instruction publique, en présence du président de la république, Gaston Doumergue.

Film du centenaire de l'Institut d'Optique

Histoire de l'Institut d'Optique

Création

1916 : Commission interministérielle

1917 : Création de l'Institut d'Optique

1920 : Loi fondatrice de l'Institut d'Optique

1920 - 1945 : Charles Fabry

1926 : Bâtiment du boulevard Pasteur

1940 - 1944 : La seconde guerre mondiale

1945 - 1968 : Pierre Fleury

1967 : Nouveau bâtiment à Orsay

1968 - 1984 : André Maréchal

1984 - 1998 : Christian Imbert

1999 - 2003 : André Ducasse

2003 - 2006 : Arnold Migus

De 2006 à nos jours : Jean-Louis Martin

 

Création

Au cours de la première guerre mondiale, en 1915, le besoin d'instruments d'optique est particulièrement flagrant et la France ne dispose pas d'ingénieurs pour en calculer les éléments. Le duc Armand de Gramont, alors sous les drapeaux, s'en émeut avec quelques personnalités favorables à la constitution d'un Institut d'Optique chargé d'un enseignement de l'optique instrumentale.

1916 - Commission interministérielle

En 1916, Armand de Gramont établit avec Henri Chrétien, ingénieur-opticien un projet qu'il présente à Paul Painlevé, ministre de l'Instruction Publique, des Beaux-Arts et des Inventions intéressant la Défense Nationale. Ce dernier convainc ses collègues ministres du Commerce, de la Guerre et de la Marine. La création d'une commission interministérielle est décidée. Sa présidence est confiée au Général Bourgeois, chef du Service géographique de l'Armée où se trouvait alors centralisée toute la production de l'industrie optique en France. Cette création fait l'objet d'un arrêté publié au Journal officiel du 16 novembre 1916. Cette commission est chargée d'élaborer le statut et le programme d'un "Institut d'optique appliquée" à Paris. 1917 - Création de l'Institut d'Optique

1917 : Création de l'Institut d'Optique

En 1917, trois administrateurs (Jobin, de Gramont et Violle) sont désignés pour effectuer la déclaration d'ouverture et la tenue d'un premier conseil pour rédiger les statuts. La déclaration préalable à l'ouverture d'un « Institut d'Optique » est déposée le 30 octobre 1917. Le premier conseil d'administration se tient le 20 novembre 1917.

1920 - Loi fondatrice de l'Institut d'Optique

Matériellement l'Institut d'Optique ne peut s'installer qu'après la guerre, à la fin de 1919, et ses activités ne commencent qu'en 1920. Le duc de Gramont préside son Conseil, il le fera jusqu'à sa mort en 1962 et Charles Fabry, physicien, est son premier Directeur Général, charge qu'il conservera jusqu'à sa mort en 1945.
Par la loi du 10 août 1920 promulguée par le Président de la République Paul Deschanel, l'Institut d'Optique est reconnu d'utilité publique, ce qui lui permet d'être subventionné par l'État au titre de l'Enseignement technique.

1920 – 1945 : Charles Fabry

À ses débuts, sous la Direction Générale de Charles Fabry et la Direction de Charles Dévé, l'Institut d'Optique est installé dans les locaux du 140 boulevard du Montparnasse, occupés avant la guerre par l'École d'Application du Génie Maritime.

Ses activités scientifiques restent modestes durant les premières années. Les vérifications et mesures produites à la demande de l'industrie portent sur : 

  • l'étude des substances -on ne dit pas encore "matériaux"- (réflexion, réfraction, dispersion, biréfringence, homogénéité, dilatométrie…), 
  • l'étude des formes (planéité, courbure, angles, graduation), 
  • l'étude des images (aberrations), 
  • la vérification d'appareils (objectifs photographiques, jumelles, lunettes, appareils de laboratoire, sextants, lunetterie) 
  • l'analyse spectrale de l'émission des sources

Avec Georges Guadet, Charles Fabry reprend l'ancienne Revue Générale d'Optique et de Mécanique de Précision et crée la Revue d'Optique Théorique et Instrumentale.

1926 : Bâtiment du boulevard Pasteur

Building on boulevard Pasteur (Paris)
Building on boulevard Pasteur (Paris) - © Institut d'Optique Graduate School

La multiplicité des tâches entraîne des besoins de locaux supplémentaires. En août 1926 l'Institut d'Optique s'installe dans les locaux plus vastes et mieux adaptés du boulevard Pasteur, inaugurés le 18 mars 1927 par Edouard Herriot, ministre de l'Instruction publique, en présence du président de la République Gaston Doumergue.

De nouveaux travaux de recherche plus orientés vers des domaines fondamentaux de la physique s'y développent, en dehors des tâches de vérification et de mesures déjà entreprises.

1940 - 1944 : La seconde guerre mondiale

L'Institut d'Optique oeuvrant à des travaux militaires, c'est la Marine Nationale qui déménage le laboratoire en juillet 1940 sur la côte d'Azur près de Saint-Cyr-sur-Mer où il s'installe à l'hôtel des Palmiers. L'enseignement est maintenu à Paris et fin 1940, le Conseil nomme Pierre Fleury en tant que directeur délégué pour maintenir une activité boulevard Pasteur. C'est à cette époque qu'arrivent André Maréchal et Maurice Françon. La photométrie et la spectrophotométrie avec Terrien et Desvignes, la colorimétrie avec Blottiau sont à l'honneur sous l'impulsion du photométriste qu'est Fleury. L'Ecole est de moins en moins une école d'application et l'enseignement s'étend vers la physique de base, ce qui fait passer la durée des études à 2 ans en 1942.

1945 - 1968 : Pierre Fleury

Au lendemain de la seconde guerre mondiale et au décès de Charles Fabry en 1945, Pierre Fleury devient directeur général et Albert Arnulf assure la direction des laboratoires.

Les travaux du laboratoire s'orientent davantage vers les activités de recherche en profitant de la contribution du CNRS nouvellement créé, notamment par l'affectation d'ingénieurs puis de chercheurs comme Georges Nomarski et Florin Abelès.

En 1966, le CNRS crée des laboratoires associés, et l'Institut d'Optique fait partie avec le numéro 14 de cette première promotion.

À l'École, la durée des études passe à trois ans en 1952 et le recrutement ne se fait plus que sur concours, commun avec Supélec à partir de 1959, puis avec les Écoles Centrales.

Le troisième cycle est mis en place en 1957 et le certificat d'optique approfondie, ancêtre du DEA apparaît dans nos murs.

En 1957, l'École de Métier s'installe au 31 boulevard Pasteur où elle deviendra le Lycée Fresnel.

Les "Réunions d'Opticiens" sont organisées par Pierre Fleury en 1946, à l'occasion d'un 25ème anniversaire légèrement retardé. Elles regroupent quelques centaines de participants appartenant à seize nations. Cette manifestation internationale est le prélude à la création de la Commission Internationale d'Optique (C.I.O. ou I.C.O, International Commission for Optics). Vingt ans plus tard il appartiendra à l'Institut d'Optique d'organiser dans les locaux de l'UNESCO à Paris sa septième réunion plénière.

1967 : Nouveau bâtiment à Orsay

Les locaux devenus trop étroits entraînent des départs d'équipes à la Halle aux Vins. Pierre Fleury lance le projet d'une reconstruction sur place qui n'aboutit pas. Finalement, un nouveau bâtiment est construit à Orsay ; l'inauguration date du 31 janvier 1967 sous la présidence d'Alain Peyreffite, Ministre délégué chargé de la Recherche Scientifique et Technique et en présence d'Alfred Kastler(Prix Nobel 1966) Président du Conseil de l'Institut d'Optique depuis le décès du duc de Gramont en 1962.Dès 1966 quelques équipes du Laboratoire s'installent à Orsay à côté de l'École, et il en arrive de nouvelles autour de Serge Lowenthal et de Jacques Ducuing.

1968 - 1984 : André Maréchal

En janvier 1968, André Maréchal libéré de ses fonctions 

de Délégué Général à la Recherche Scientifique et Technique, succède à Pierre Fleury. Il est élu à l'Académie des Sciences en 1981. A. Maréchal se fait seconder à l'école par Michel Cagnet en tant que Directeur des études.

1968 - Un logo

Du fait que l'Institut se trouvait maintenant sur plusieurs sites (Paris et Orsay), il s'est avéré nécessaire de lui donner une image lisible, l'identifiant comme un établissement unique : le signe comprenant le I et le O entrelacés répondait à cet objectif.

Recherche: le laser apparaît à l'Institut d'Optique en bouleversant les sujets de recherche. Mais cette période reste sans doute marquée par une orientation nouvelle vers l'étude de phénomènes fondamentaux : les ondes évanescentes font l'objet d'études fructueuses, la lévitation optique permet la micromanipulation de cibles, l'effet inertiel de spin du photon est visualisé par Christian Imbert et le principe de non séparabilité en mécanique quantique est confirmé par Alain Aspect.

L'enseignement suit la même orientation que la recherche en introduisant des cours sur les disciplines plus fondamentales.
Le rayonnement de l'optique reste un but majeur de l'Institut d'Optique. En 1980, il organise le premier colloque "Horizon de l'optique" au titre du Comité Français d’Optique. Cette conférence deviendra à partir de 1983 la réunion biennale de la Société Française d'Optique, dont Georges Guadet, directeur de la Revue d'Optique, avait proposé la constitution en 1925.

1976 - Extension du bâtiment

L'établissement construit à Orsay est complété d'une seconde tranche dix ans plus tard, permettant le regroupement de toutes les équipes restées parisiennes avec celles d'Orsay.

1984 - 1998 : Christian Imbert

Le quatrième directeur, Christian Imbert, prend ses fonctions en janvier 1984. Il connaît bien le fonctionnement de l'Institut puisqu'il y a fait toute sa carrière de recherche.

A partir de janvier 1998, Christian Imbert se fait seconder en proposant au CNRS Pierre Chavel comme directeur du laboratoire qui prendra le nom de Laboratoire Charles Fabry de l'Institut d'Optique.

A la direction des études de l'école, Jean Taboury remplace progressivement Michel Cagnet prenant sa retraite.

1995 - Un nouveau logo

Pour donner davantage d'unité à l'Institut, Christian Imbert décide de réunir toutes ses activités (laboratoire, école...) sous un seul logo qui sera repris dans toutes les manifestations.

Au laboratoire, les thèmes développés découlent de l'évolution générale de l'optique. Les sources et les détecteurs disponibles sont de plus en plus performants, les matériaux de plus en plus élaborés. Ceux-ci, associés aux techniques de mise en forme et d'intégration, ont permis le développement exceptionnel de l'optique non linéaire et ouvert la voie aux domaines nouveaux que sont l'optoélectronique, l'optronique, l'optique intégrée... Pour les composants originaux et l'instrumentation optique la tendance au glissement depuis les longueurs d'ondes visibles vers les domaines UV et X se confirme. Par ailleurs, d'intenses recherches se développent en optique quantique avec la manipulation de la lumière à partir de propriétés non linéaires de milieux pour obtenir, par exemple, une diminution du bruit quantique de faisceaux lasers. Réciproquement, dans une nouvelle discipline, l'optique atomique, les ondes lasers sont utilisées pour manipuler les atomes, les piéger en particulier.

Dans l'enseignement de l'École se met en place une grande nouveauté : en deuxième année, les élèves peuvent choisir entre la filière classique et une formation par l'apprentissage. La filière classique suit le rythme de l'année scolaire en incluant des périodes de projets et de stages en entreprise. Les apprentis sont salariés d'une entreprise et alternent les périodes de travail en entreprise avec des périodes de formation au CFA SupOptique.

La Société Française d'Optique est fondée à la fin de l'année 1983 par Christian Imbert et quelques partenaires universitaires et industriels. Christian Imbert prend ensuite une part active au démarrage de la Société Européenne d'Optique (European Optical Society) dont il est le second trésorier et dont le siège est situé à l'Institut d'Optique.

En plein élan, Christian Imbert est brutalement frappé par une crise cardiaque en octobre 1998, laissant ses collègues et ses étudiants dans la consternation.

L'intérim de Bernard Cagnac

Le président du conseil d'administration, Bernard Cagnac, assure l'intérim en préparant la nomination d'un nouveau directeur.

1999 - 2003 : André Ducasse

Le cinquième directeur général, André Ducasse prend ses fonctions en février 1999.Il élargit l’équipe de Direction, en concertation avec Pierre Chavel, Directeur du Laboratoire Charles Fabry : 

  • Gérald Roosen est nommé Directeur Adjoint du Laboratoire
  • Jean-Michel Jonathan Directeur Adjoint de l’Ecole Supérieure d’Optique
  • Nathalie Westbrook prend le relais de Jean Taboury à la Direction des études de l’Ecole en 2001
  • Nicole Abrial, Secrétaire Générale, assure depuis fin 2000 la direction administrative et financière de l'Institut
  • Joël Corno est confirmé dans sa direction technique de l’établissement
  • Une structure interne de transfert de technologies vers les milieux industriels, IOTech, est créée. La responsabilité en est confiée à Patrick Georges.

Alain Aspect, tout en élargissant les activités de recherche de son groupe, joue un rôle important de conseiller de la Direction. Il est élu à l’Académie des Sciences en 2002. 

L’Institut est l’un des principaux moteurs avec le CNRS et un certain nombre d’industriels (Alcatel, Thales, ..) de la création de l'association Opticsvalley qui a pour mission de coordonner, d’animer et de conforter le potentiel de l’Ile de France en optique. 

L’Institut s’implique, avec l’Université Paris-Sud, dans la création d’une plate-forme de caractérisation et de métrologie gérée par Opticsvalley. Son potentiel de métrologie sera transféré dans cette nouvelle structure et constituera le premier noyau d’un ensemble métrologique plus ambitieux. 

Au Laboratoire Charles Fabry, la politique consiste à couvrir un spectre de plus en plus large de recherches dans le vaste secteur de l’optique, en allant de l’amont à l’aval. Il s’agit de s’investir dans des recherches sur des technologies optiques du futur, mais aussi dans des études en relation directe avec les entreprises, sur des technologies ayant déjà pénétré le secteur industriel. Les domaines couverts comprennent : l’optique en physique atomique et quantique, les lasers, les matériaux et fonctions de l’optique non linéaire, l’optique de l’information, les composants et traitements optiques, les instruments d’optique et la métrologie. 

La volonté d’affirmer une plus grande présence dans le secteur des télécommunications et d’acquérir une plus grande culture dans le domaine fondamental des semiconducteurs, se traduit par la création, avec des chercheurs venant de l’Ecole Polytechnique, d’un nouveau groupe dédié au développement de nanotechnologies pour l’optique. Un Laboratoire Commun est créé , sur ce thème, entre le Laboratoire Charles Fabry et Thales Research and Technology (TRT), associant le nouveau groupe et un groupe d’électromagnétisme des nanostructures de l’Institut à plusieurs équipes de TRT, en concertation avec l’École polytechnique. 

Sur le plan de la Formation, la demande en ingénieurs opticiens croît très fortement, avec l’explosion et la diffusion des technologies optiques, malgré des fluctuations géantes de conjoncture dans certains domaines (les télécommunications optiques, en particulier). 
La décision est prise de doubler sur une période de 7 ans environ les effectifs des promotions, sans diminution du niveau de recrutement : passage de promotions de 60 en 1999, à des promotions de 90 en 2002 et objectif de 120 en 2006. Pour cela le recrutement est diversifié : admissions sur titres au niveau des DEUG, DUT, maîtrises des Universités ; conventions avec l’École polytechnique et l’ENS Cachan pour une formation spécifique professionnalisante en un an et demi à l’École Supérieure d’Optique ; ouverture à l’international avec conventions de doubles diplômes avec des universités étrangères.
L’enseignement est renforcé dans le domaine de la compréhension des processus physiques de base, il est élargi aux nouveaux champs de l’optique : optiques atomique et quantique, nanosciences.
La formation en apprentissage, portant sur la totalité des deux dernières années, se développe grâce à une meilleure intégration de l’esprit d’apprentissage dans le cursus, impliquant une plus forte participation des industriels et une plus grande reconnaissance des acquis en milieu industriel.

Pour développer certains aspects de formation non traités à Orsay, une antenne de l’Institut est créée à Saint-Étienne. Un cinquième de la promotion ira, à partir de septembre 2003, en troisième année, suivre une option centrée sur la diffusion de l’optique dans les milieux industriels et plus particulièrement sur la diffusion en mécanique et dans les transports. Des recherches en relation directe avec le milieu industriel local accompagneront cette formation à Saint-Étienne. 

Projet d'un nouveau bâtiment

Les locaux d’Orsay ne permettent plus à l’Institut de faire face au très fort développement de ses différentes composantes. Le doublement des effectifs des promotions de l'École, en particulier, suppose que les élèves puissent disposer de surfaces plus importantes et mieux adaptées au contexte des nouvelles technologies. Or ces locaux, en raison de contraintes d’urbanisation, ne peuvent être agrandis. Reprenant un projet que Christian Imbert avait initié, André Ducasse, dans un contexte plus favorable, fait inscrire au Contrat de Plan État-Région 2000-2006 la construction d’un nouvel Institut d’Optique et obtient, pour une première tranche de travaux, 20 M€ avec une contribution de l'état et du Conseil Général de l’Essonne. La programmation de cette construction est lancée dés la fin de l’année 2000. Il est décidé qu’elle se fera sur le terrain d’un nouveau campus créé autour de l’Ecole Polytechnique à Palaiseau. Ce campus comprendra, outre les laboratoires de recherche de l’Ecole polytechnique et le nouvel Institut, des nouveaux laboratoires de recherche de Thales (TRT) et une nouvelle localisation pour une autre Grande École, l’ENSTA ParisTech. La période de construction sera longue. Le déménagement ne peut être programmé avant 2005-2006.

Arnold Migus succède à André Ducasse, en même temps que Catherine Bréchignac prend la présidence du conseil d'administration à la place de Pierre Lallemand.

2003 - 2006 : Arnold Migus

La nouvelle équipe prend ses fonctions au moment où la construction du nouveau bâtiment est le projet majeur de l'établissement. Ayant obtenu l'autorisation d'occuper un terrain sur le domaine attribué à l'École polytechnique, la direction entreprend les démarches nécessaires pour que l'Institut d'Optique, grâce à sa mission de service public, se voie attribuer le rôle de maître d'ouvrage. Un maître d'ouvrage délégué, ICADE-G3A, issu du milieu professionnel du bâtiment, assiste l'Institut d'Optique dans cette tâche et permet la réalisation du programme dans un temps record. Le permis de construire est obtenu au printemps 2005 et les bâtiments montent rapidement sur l'argile du plateau de Saclay. Dès 2005, une convention pour l'utilisation du site est signée avec l'École polytechnique. Arnold Migus obtient de la région Ile-de-France et du Conseil Général de l'Essonne les crédits nécessaires pour achever la première tranche de travaux avec 10000 m2 de surface utile, une seconde tranche restant en projet pour accueillir ultérieurement les ateliers et certaines des activités de recherche.

2005-2006 La vie scientifique bat son plein

Les travaux d'Alain Aspect sont couronnés par la médaille d'or du CNRS en 2005.

L'équipe "lasers solides et applications" bat le record de la plus courte impulsion parmi les lasers à ytterbium, à 47 femtosecondes. Parmi douze projets européens obtenus par tous les groupes du laboratoire au 6ème programme cadre de recherche et de développement technologique de la Commission européenne figurent des tâches de coordination : Philippe Grangier coordonne le "projet intégré" SCALA sur l'information quantique. La création des "Instituts Carnot" pour reconnaître et soutenir les établissements de recherche qui consacrent une fraction significative de leurs efforts à la valorisation des avancées fondamentales permet à l'Institut d'Optique d'être labellisé dès la première vague de sélection. 

2006 - Réflexion autour du nom de l'établissement

A l'occasion du projet de déménagement, la discussion s'anime autour du nom de l'établissement : Institut d'Optique Théorique et Appliquée comme le veulent les statuts, Institut d'Optique, IOTA, Ecole supérieure d'Optique, SupOptique, ESO : la multiplicité des dénominations nuit à la bonne communication de la nature et des activités de l'établissement et le directeur général décide d'ouvrir le dossier.
La nomination de Catherine Bréchignac à la présidence du CNRS début janvier 2006 la conduit à appeler Arnold Migus à la direction générale de cet établissement. La nouvelle équipe de direction reprendra tous ces dossiers.

De 2006 à nos jours : Jean-Louis Martin

Jean-Louis Martin est nommé directeur général en mars 2006 et quelques mois plus tard, la présidence du conseil d'administration échoit à Élisabeth Giacobino. 

2006 - Inauguration du nouveau bâtiment

C'est lui qui coordonne la fin des travaux et l'entrée dans les locaux de Palaiseau de tous les services d'enseignement dès la rentrée scolaire de septembre 2006. Les premiers laboratoires sont en cours d'installation au moment de l'inauguration du bâtiment par le Ministre délégué à la Recherche et à l'Enseignement Supérieur, François Goulard le 16 décembre 2006. Immédiatement, le nouveau directeur général obtient l'inscription des crédits pour le complément de construction au contrat de plan entre l'État et la région Ile-de-France. 

Un nouveau logo et un nouveau nom

Un nouveau nom d'usage est choisi pour l'établissement : Institut d'Optique Graduate school. Associé à un nouveau logo, il porte le message de l'unité de l'établissement, école d'ingénieurs qui conduit une activité de recherche et forme des étudiants au niveau master et doctorat : c'est le message que portent les mots "graduate school" en milieu anglophone. C'est aussi une façon pour l'établissement de s'insérer dans le débat national en cours sur l'évolution du système de recherche et d'enseignement supérieur : associant les deux tâches à la valorisation de la recherche sur un thème bien défini, il est analogue à un "college" anglais au sein du Campus de Saclay, dont l'établissement est l'un des 23 membres. Dans ce cadre également, l'Institut d'Optique Graduate School est membre de la "Fondation de Coopération Scientifique Triangle de la Physique", membre associé des Pôles de recherche et d'enseignement supérieur "Universud Paris" et "ParisTech", puis accède en 2008 au statut de membre fondateur de ParisTech.

Les succès de la recherche ne se démentent pas

Les succès se poursuivent au Laboratoire Charles Fabry, avec le lancement des satellites jumeaux Stereo qui observent le soleil dans l'ultra-violet lointain, le grand prix Jean Ricard de la Société française de Physique attribué en 2008 à Philippe Grangier, qui sera aussi en 2009 bénéficiaire d'un contrat "senior" ERC (European Research Council) alors qu'Antoine Browaeys reçoit un contrat "junior" et que Jean-Jacques Greffet entre à l'Institut universitaire de France. En 2010, la Fondation Wolf a choisi d’attribuer le prix Wolf de Physique 2010 à Alain Aspect (France), à John F. Clauser (USA) et à Anton Zeilinger (Autriche) pour leurs contributions conceptuelles et expérimentales à la physique quantique.

L’École poursuit son développement

En 2009, l'effectif des promotions d'ingénieurs dépasse 90 étudiants. Désireux de progresser dans la formation des étudiants étrangers, l'Institut d'Optique Graduate School prend l'initiative de coordonner un "master Erasmus Mundus", auquel participent l'Université Paris-Sud et quatre établissements étrangers pour accueillir les boursiers extérieurs à l'Union européenne financés par le programme pour les deux ans de leur master. 

En même temps, une initiative majeure est prise pour favoriser l'esprit d'innovation parmi les jeunes diplômés : un nouveau cursus, la "filière innovation - entrepreneur", est introduit en 2006. Étalée sur deux ans, elle donne à vingt élèves-ingénieurs l'occasion de travailler sur un projet d'entreprise réel tout en poursuivant leur scolarité. De nombreux intervenants extérieurs sont associés à la formation pour bien faire connaître aux intéressés les divers aspects de la création d'activité économique. De fait, quatre entreprises seront créées dès les deux premières années, et de nombreuses distinctions soutiendront l'initiative. En même temps, l'accueil des élèves-ingénieurs-créateurs d'entreprise est favorisé par l'utilisation de l'espace disponible du bâtiment 503 (Orsay) pour former un "écosystème" de l'innovation dans le domaine de l'optique et accueillir de petites entreprises de haute technologie dans notre discipline.

Vers un campus national

Alors que l'antenne Rhône-Alpes continue d'accueillir une option de la troisième année dédiée à la liaison entre systèmes optiques et l'aspect "mathématiques appliquées" du traitement des images, la recherche menée par l'Institut d'Optique à Saint-Étienne s'intègre au Laboratoire Hubert Curien (CNRS / Université Jean Monnet de  Saint-Étienne). En 2008, la politique de site de l'Institut d'Optique est confortée par l'offre du conseil régional d’Aquitaine d’accueillir un troisième site sur le campus de l'université de Bordeaux : l’Institut d’Optique d’Aquitaine. Le Laboratoire Photonique, Numérique et Nanosciences (LP2N), est créé à Bordeaux en janvier 2011. Les premiers élèves arrivent sur le site de Bordeaux en septembre 2012.

En 2017, l’Institut d’Optique fête son centenaire. Pour célébrer cet anniversaire, plusieurs événements ont lieu sur les trois sites de l’établissement auxquels sont conviés  les différents acteurs et partenaires des réseaux de l’Institut et de la photonique. L’Association des Anciens de SupOptique organise aux Salons Vénitiens des Pavillons de Bercy à Paris une rencontre de l’ensemble des alumini et des acteurs du monde industriel et entrepreneurial. Il faut bien le dire : cent ans d'histoire ont fait de l’Institut d’Optique Graduate School un acteur majeur de la photonique aux niveaux national et international.

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